Blick Bassy

Les fantômes ont du bon. Surtout lorsqu’ils se pointent pour inspirer un disque magnifique et totalement imprévu. Le fantôme, ici, c’est Skip James, musicien du Mississippi qui a écrit la légende du blues. Un soir où le chauffage venait de lâcher, Blick Bassy s’est mis à la guitare pour se réchauffer avec la photo de Skip James face à lui. Et le Cameroun, pays natal de Blick Bassy, rencontra La Nouvelle-Orléans. Du blues, ce disque a gardé le dénuement.

Blick Bassy est arrivé en France il y a dix ans. Aujourd’hui, son studio est à Candin, dans le Nord-Pas-de-Calais. C’est là que la voix de Skip James l’a ramené à l’Afrique de son enfance. Cette voix gravée sur disque dans les années 1930 lui a rappelé celle d’un musicien qui allait de village en village au Cameroun. 74 ans plus tard, Blick Bassy fait écho à cette mélodie dans une chanson d’une minute à peine, dont le titre tient en deux initiales : S.J.

Quand on évoque le blues africain, on le localise à l’ouest du continent, au Mali. Avec ce disque, Akö, Blick Bassy le situe en Afrique Centrale, au Cameroun. Qu’on se le tienne pour dit.

S’il fait swinguer un morceau avec des « Wouap Doo Wouap » qu’on peut fredonner de l’Afrique à l’Amérique, les couplets sont en bassa. Le bassa est l’une des 260 langues du Cameroun. Une langue menacée de disparaître aujourd’hui. Blick Bassy a la quarantaine. Il explique que pour beaucoup de Camerounais de sa génération :Dire qu’on parle une langue tribale, ça fait de nous des sauvages.

Chanter en bassa est donc une façon de résister dans un pays où la jeunesse veut adopter le mode de vie occidental à tout prix.

Blick Bassy

  • Chanson / Cameroun
  • 9 avril à 21h au Kabardock Café
  • Tarif : 15€ en prévente / 20€ au guichet
Kabardock

60 Rue Mahé
97420 Le Port

Début :09/04/2016 - 21:00:00

Kabardock